Le billard français

Billard français

Le billard français, appelé aussi billard carambole, ou billard à 3 billes est un type de jeu de billard. Il se pratique en général à deux joueurs avec 3 billes. En plus de la carambole (bille rouge), chaque joueur possède une bille d'impact blanche, pointée, ou jaune. Le concept général est de percuter avec sa bille les deux autres. Des variantes existent avec des quilles ou une bille supplémentaire.
Au café (portrait de Mme Ginoux) de Paul Gauguin
Championnat du monde de billard (à l'Académie Nationale des Amateurs de l'Eldorado - 1903).

Sommaire

  • 1Histoire
  • 2Matériel
  • 3But du jeu
    • 3.1Début du jeu
    • 3.2Rôle de l'arbitre
      • 3.2.1Les annonces
      • 3.2.2Les fautes
      • 3.2.3Obligations de l'arbitre
  • 4Variantes
    • 4.1La partie libre
      • 4.1.1Les limites de la partie libre
    • 4.2La bande
    • 4.3Le 3 bandes
    • 4.4Le cadre
    • 4.5Le casin (ou la ravachole)
    • 4.6Le 4 billes
    • 4.7Le 5 quilles
    • 4.8Le bouchon (bars)
    • 4.9Le bouchon (Belge)
    • 4.10Billard artistique
  • 5Organisation des fédérations
  • 6Champions de billard
  • 7Bibliographie




Histoire

  • Au tout début...
Ce jeu était pratiqué à même le sol et était une variété de croquet avec des arceaux. 
En Angleterre, en Italie, en Espagne, il avait des règles à peu près identiques et exigeait l'emploi de boules de bois ou billes de 10 centimètres de diamètre, manipulées à l'aide d'un bâton recourbé appelé baliyard en Angleterre, velorto en Espagne, biglia en Italie et lihard en France. Cela dura environ deux siècles, puis le Billard se manifesta sur des tables où il conserva la plupart de ses principes antérieurs.
  • Au cours du XVème siècle...
Le premier modèle de table connu est attribué au Maître ébéniste–menuisier Henri DE VIGNE qui l'aurait conçu et réalisé en 1469 sur commande du roi Louis XI pour sa résidence parisienne préférée, le château de la Bastille, où il aimait particulièrement faire retraite. Ses dimensions étaient de 8 pieds de long et 4 de large et pesait 618 livres. Quatre aulnes de drap d'Elbeuf recouvraient une dalle de pierre. Il coûta la somme de 317 livres parisis, 7 sois et 6 deniers.
  • XVI et XVIIèmes siècles
Mais, c'est entre les années 1550 et 1630, que le jeu du Billard entre dans les mœurs. Il existait alors, à Paris, de 120 à 150 Billards dont les tables avaient les formats suivants : 12 pieds sur 6, pour les plus grands, d'autres 10 pieds sur 5, les plus petits 8 pieds sur 4 et même 6 pieds sur 3 (1 pied = 0.324 m). Ce jeu était alors pratiqué aussi bien par des nobles que par des bourgeois, des écoliers ou des valets.
Le 16 mai 1634, pour la première fois, le mot Académie fut utilisé pour une salle de Billard. Le Cardinal de RICHELIEU aimait le Billard et, en 1636, il installa dans la vieille rue du Temple, l'Académie Royale pour la noblesse.
Il accorda 22 000 livres pour cet établissement destiné à l'éducation de 20 fils de gentilshommes pauvres, hébergés gratuitement et de 50 autres cadets payant pension. Le programme d'éducation comportait : les exercices militaires, les mathématiques, l'histoire, l'escrime et le Billard. La connaissance complète de ce jeu était exigée lors des examens de sortie donnant droit à l'admission dans les mousquetaires du Roi.
Louis XIV joua au Billard dès l'âge de 15 ans.
C'est en 1680 que fut créé à Venviers, en Belgique, un tissage de laine qui allait prendre une extension considérable et devenir la plus célèbre fabrique de draps de Billard du monde. Henri Simon SIMONIS et son fils Guillaume en furent les fondateurs.
Le premier traité de Billard fut imprimé à Paris, en 1588. Il fallut attendre décembre 1696, pour voir paraître le deuxième ouvrage relatif au Billard, édité sur le continent à LA HAYE.
  • XVIIIème siècle
Mais, on peut dire que la première étude sur le Billard fut l'œuvre de M. De Mairan, en 1728. Cette étude très importante fut dépassée à l'Académie Royale des Sciences, le 14 avril 1728. Le jeu du Billard prit un tel essor qu'en 1790, on en comptait 800 dans les salles de la capitale. Les parties jouées en 16 points jusque là, arrivaient à partir de 1790, à 30 points, augmentation due à l'amélioration déjà certaine du matériel.
  • XIXème siècle
L'actuel Billard français n'apparaît qu'en 1850.
Les queues de Billard venaient de subir un changement révolutionnaire, sans doute depuis 1823. Le procédé, rondelle de cuir inventé par le professeur MINGAUD, permettait d'exécuter des coups inconnus jusqu'alors. Celui-ci se couvrait d'une craie appelée "blanc d'Espagne". MINGAUD avait fait paraître, en 1831, un traité intitulé
"Le noble jeu du Billard - Coups extraordinaires et surprenants".
N'avait-il pas le premier travaillé et inventé "le rétro"?
MINGAUD était désormais célèbre et nous lui devons une seconde édition de son traité paru à Londres en 1836.
On peut situer la découverte et l'application des bandes de caoutchouc ainsi que l'ardoise pour les tables, en 1835.
En 1840, le Palais Royal, splendide bazar ouvert à tous les plaisirs, alignait 40 Billards occupés jour et nuit !
Sous l'Empire, même Napoléon jouait au Billard  alors qu'il préférait les jeux de cartes et les dés, car il trichait admirablement. Alors qu'au Billard, ce n'était point facile! La queue dont il se servait était de palissandre avec incrustations d'ivoire représentant la croix de la Légion d'Honneur, la couronne impériale, une épée à poignée d'or, la tiare et les attributs impériaux! C'était l'œuvre d'un ébéniste italien.
En 1813, un Billard valait 63 napoléons, soit 1260 francs-or (plus de 2 millions huit cent mille centimes actuels).
Le jeu à 3 billes, en France, remonte à 1850. A partir de 1860, le chauffage des tables de Billard s'effectuait avec des lampes à pétrole placées au-dessous.
C'est en 1873 qu'eut lieu le premier championnat du monde professionnel, il fut remporté par le français GARNIER qui réalisa une moyenne générale de 9.32 avec une série de 113. En 1874, la victoire revint à VIGNAUX, également français, avec 10.56 de moyenne générale et une série de 159.
  • XXème siècle
En 1900, on chauffa au gaz et enfin, en 1925, à l'électricité.
L'ivoire, connu depuis 1364, devait permettre par la suite la fabrication des billes de Billard. Mais, depuis 1935, la recherche dans la fabrication des matières de synthèse, mise au point par différentes méthodes, donne aujourd'hui toutes satisfactions et est employée pour tous les modes de jeux.
Plusieurs dizaines de millions de joueurs par le monde pratiquent le Billard dans les différents modes de jeux. Et cela sans compter les joueurs indépendants.
Savez vous que le Japon a plus de 1 500 000 licenciés?
Que le Mexique est le 2ème pays par ordre d'importance dans le monde à pratiquer le Billard ?
Que le Guatemala, pour une population de 25 millions d'habitants, dispose de 90 000 Billards de 3.10 m ?
Aujourd'hui, un nombre extraordinaire de jeux différents peuvent être pratiqués sur une table de billard. On en décrit au moins 300 sur papier, et les variations se comptent par milliers.

Matériel

Tables lors du championnats de France de billard français 2012
  • Table 
Une table de billard est composée en général d'une plaque d'ardoise (en une, deux ou trois parties) de plusieurs millimètres d'épaisseur (20, 30, 40, 50, 60 mm) recouverte d'un drap tendu (le plus souvent vert ou bleu, couleurs reposantes pour les yeux) et d'un cadre en bois rectangulaire sur lequel sont montées des bandes (le plus souvent en caoutchouc) recouvertes du même drap.

Le billard français peut exister en plusieurs dimensions (longueurs, longueur et largeur pour les deux plus grands modèles) :

  • 2,10 m ; 
  • 2,20 m ; 
  • 2,30 m ; 
  • 2,40 m ; 
  • 2,60 m ; 
  • 2,80 m × 1,5275 m (dit de « demi-match ») ; 
  • 3,10 m × 1,6775 m (dit de « match »)

De plus, le bois utilisé pour la fabrication d'un billard varie selon la qualité voulue : du kotibé (famille acajou) pour une qualité optimale, du chêne ou du noyer pour une qualité un peu inférieure.
Contrairement aux autres variétés de billard, le billard français ne présente pas de trous dans la table ou dans les bandes.
Par ailleurs, il peut être équipé d'un système de résistances (« chauffage ») placé sous la plaque d'ardoise et destiné à assurer un meilleur roulement.
L'ardoise ainsi que les bandes sont recouvertes d'un drap tendu, le plus souvent de couleur verte (plus reposante pour les yeux) ou bleue (plus télégénique) mais il existe également d'autres couleurs (notamment rouge).
  • Billes
les 3 billes
Trois billes de diamètres identiques (61,5 mm), en général deux blanches et une rouge, ou une blanche une jaune et une rouge.
Les deux billes blanches sont différenciées, soit par une marque sur l'une d'entre elles (généralement deux petits cercles diamétralement opposés ou deux points, d'où sa dénomination « pointée »), soit par une couleur différente (légèrement plus jaune). Ces billes sont le plus souvent en résine phénolique.
La bille rouge est appelée carambole.
Frotter des billes usagées avec un chiffon imbibé de silicone (pour mouches de pêche), leur redonne de la "vivacité", en diminuant le coefficient de frottement bille-drap ; les rétros sont notamment facilités. 
  • Queue

Une « queue » par joueur. Il s'agit d'une sorte de crosse en bois (parfois d'autres matériaux) droite, légèrement conique. La queue peut être d'un seul tenant ou en deux parties que l'on visse l'une à l'autre : 

  • le fût : partie la plus large tenue par la main arrière du joueur ; 
  • la flèche : partie la plus fine à l'extrémité de laquelle est collé une rondelle de cuir appelée « procédé » qui rentre en contact avec la bille, lui-même fixé à la flèche par une "virole" (plastique ou métal le plus souvent); 
  • la craie ou bleu : produit abrasif, permettant au procédé de ne pas glisser sur la bille (fausse queue) et de lui communiquer des "effets" de rotation.

Billard_queue.png
Le fût est parfois creux de manière à pouvoir être lesté avec du plomb pour ajuster le poids de la queue à la convenance du joueur.

But du jeu

Tableau d’affichage des points
Chaque joueur a une distance à couvrir, soit un nombre de points à faire pour gagner la partie. La distance est fonction du niveau, ainsi elle n'est pas forcement la même dans un face à face. Une partie peut également se disputer en un nombre défini de reprises (terme désignant un tour de jeu).
Chaque joueur se voit attribuer une bille. En la poussant avec sa queue, il doit parvenir à la faire entrer en contact avec les deux autres. Chaque fois que cette condition est remplie, le joueur marque un point et peut continuer à jouer (à moins qu'une irrégularité soit commise). Quand il échoue, son adversaire prend la main.

Début du jeu

Afin de déterminer le joueur qui entamera la partie, les deux adversaires jouent simultanément leur bille, placée à hauteur des mouches de départ (emplacements marqués sur le tapis) et doivent frapper la petite bande opposée et se rapprocher le plus possible de la bande située derrière la position de départ. Le joueur le plus proche de la bande choisit : soit il commence, soit il décide de laisser son adversaire jouer le premier coup.
Les billes sont alors placées sur les mouches. En fonction de la préférence du joueur qui débute, sa bille peut être placée sur la mouche de droite ou de gauche. La bille de son adversaire (la pointée) est toujours sur la mouche centrale. La bille rouge prend place sur la mouche centrale à l'autre bout du billard.

Rôle de l'arbitre

Championnats de France de billard français 2012
L'arbitre a une tenue à respecter : outre le fait qu'il soit entièrement en noir, avec l'écusson d'arbitre sur la poitrine, il doit rester impartial et ne jamais réagir après un point. L'arbitre doit compter les points et surveiller la régularité du jeu. Lorsque le tour du joueur est terminé, l'arbitre se doit d'annoncer ses points.

Les annonces

Championnats de France 2012
L'arbitre doit annoncer les points du joueur à voix haute sans d'autre mention : par exemple, « un ; deux ; trois… ».
Au cadre, on ajoute la position des billes après le nombre de points. Exemple : « un, entrée ; deux, dedans ; trois, à cheval… ». À l'approche de la fin de partie, lorsqu'il reste au joueur cinq points à effectuer (ou trois au jeu à trois bandes), l'arbitre annonce "pour… suivi du nombre de carambolages restants à effectuer). Les annonces se font dans l'ordre : 1) nombre de points, 2) « pour… », 3) position des billes par rapport aux zones réglementées (entré, à cheval, dedans…), 4) éventuellement « contact » (avec une bille ou avec la bande).
Lorsque le tour du joueur est terminé, l'arbitre doit annoncer un certain nombre de choses : le nom du joueur, le nombre de points inscrits, puis deux autres mentions qui n'interviennent qu'à certains moments précis. Exemple : « Dupont, 6 points, reprise » (si le joueur a joué en premier). Si le tour s'achève sur une faute, l'arbitre annonce « faute » avant les autres annonces.
Au cadre, l'arbitre annonce également au joueur commençant son tour la position des billes si besoin est.
Dans tous les modes de jeu, il annonce si la bille du joueur est en contact avec la bande ou avec une autre bille ; il dira alors « contact ». Le joueur ne peut alors pas jouer sur la bille ou la bande en contact avec sa bille et doit donc trouver une autre option ; soit il joue son point d'une autre façon, soit il demande à l'arbitre de remettre sur mouches.

Les fautes

Lors de l'examen d'arbitre, on compte douze cas générateurs de faute :
  1. Bille sautée : une bille « saute » du billard ; elle est alors remise sur mouche. 
  2. Bille touchée : le joueur touche une bille avec sa main ou toute autre chose que son procédé. 
  3. Queutage : le joueur touche deux fois de suite sa bille avec son procédé, ou maintient le contact de la queue avec la bille qu'il frappe. 
  4. Contact jouer vers la bande : le joueur joue sur la bande alors que sa bille est en contact avec cette bande. Cette faute s'applique également aux billes. 
  5. Absence de pieds au sol : le joueur doit toujours avoir au moins un pied au sol lorsqu'il joue. 
  6. Point de repère : si le joueur pose son bleu ou fait une marque avec à un endroit du billard afin de savoir où jouer. 
  7. Erreur de bille : le joueur joue avec la bille de l'adversaire. 
  8. Rester dedans : cette faute se produit si le joueur joue plus de un ou deux coups (selon le mode de jeu) dans une même zone sans en faire sortir les billes. 
  9. Dépassement de temps : le joueur dispose de 45 secondes pour jouer ; il y a faute si le coup a lieu plus de 45 secondes après l'immobilisation de billes. 
  10. Fausse queue avec la virole : dans la continuité de la faute 2 (Bille touchée), cette faute se produit lorsque le joueur fait une fausse queue (ce qui n'est pas une faute) et touche la bille avec la virole (partie de la queue de billard entre le procédé et le reste de la flèche). 
  11. Quitter l'aire de jeu : le joueur ne peut quitter l'aire de jeu sans l'accord de l'arbitre. Si ceci se produit, le joueur est disqualifié d'office. 
  12. Bille en mouvement : le joueur doit attendre l'immobilisation complète des billes pour jouer ; en revanche, rien ne l'empêche de préparer son coup pendant le déplacement des billes.

Obligation de l'arbitre

L'arbitre a plusieurs obligations à respecter avant le début d'une partie :
  • Vérifier le matériel : les poids, le chiffon pour essuyer les billes et marquer leur position sur le billard ; le matériel de marquage (tableau et feutre ou bien tableau et télécommande selon le cas). 
  • Vérifier la présence du marqueur. 
  • Rappeler au marqueur ses obligations 
  • Vérifier la propreté du billard ; l'arbitre doit nettoyer le billard si cela n'a pas été fait et vérifier l'état du tapis.

Les variantes

La partie libre

Chaque joueur doit atteindre un nombre de points correspondant à son handicap. Le premier à y parvenir gagne. S'il s'agit du joueur qui a commencé la partie, les billes sont remises « sur mouches » et son adversaire a le droit de tenter de compléter les points lui manquant en une reprise.

Les limites de la partie libre

Depuis la découverte de la série américaine qui permet de reproduire le même point quasiment à l'infini en gardant les billes le long de la bande, la partie libre a atteint ses limites, les grands Champions de billard étant tous capables de faire 400 points sur mouche. Il a fallu les empêcher de jouer l'américaine ; on a inventé le jeu de cadre.

La bande

La bille du joueur doit rebondir sur au moins une bande avant de toucher la dernière bille pour que le point soit validé (ou toucher au moins une bande avant de caramboler les deux autres billes).

Les trois bandes

La bille du joueur doit rebondir sur au moins trois bandes avant de toucher la dernière bille pour que le point soit validé (ou toucher au moins trois bandes avant de caramboler les deux autres billes).

Le cadre

Le cadre.
Il y a trois variantes : les cadres 47/1, 47/2 et le cadre 71/2. Le principe est que l'on trace une ligne à 47 cm (ou 71) de chaque bande ce qui fait neuf cadres (ou six). Aux extrémités de chacune des lignes parallèles, on trace à cheval sur celles-ci des petits carrés additionnels appelés "ancres" de 0,178 m de côté dont un côté se confond avec le bord intérieur d'une bande. Le joueur peut faire au maximum deux points (aux 47/2 et 71/2) et un seul (au 47/1) sans sortir au moins une des deux billes, qui ne sont pas celle du joueur, du cadre ou de l'ancre dans lequel elles se trouvent. Au cadre 47/2 ou 71/2, lorsque ces deux billes entrent dans un des cadres ou ancres, elles sont "entrées", au coup suivant si elles ne sont pas sorties, elles sont "dedans" et le joueur doit impérativement en sortir au moins une, sinon la main passe. (Au cadre 47/1, dès qu'elles entrent dans un des cadres ou ancres, elles sont tout de suite "dedans".)

Le cassin ou la revachole

Chaque joueur doit effectuer des figures imposées (qu'il doit annoncer avant de jouer) : 
  • bricole ; ou bande-avant : la bille du joueur touche la bande avant les deux autres billes 
  • casin (ou ravachole) : la bille du joueur touche la rouge qui à son tour touche la troisième mais en ayant touché au préalable au moins une bande ; 
  • une bande ; 
  • deux bandes ; 
  • rouge : le point se joue en touchant d'abord la rouge ; 
  • direct : la bille du joueur touche la première puis la seconde bille sans faire de bande ; 
  • libre : le joueur joue le point comme il le désire ; 
  • trois bandes (ou plus) ; 
  • main gauche : coup libre joué de la main qui n'est pas la main naturelle du joueur;
On y ajoutera parfois : 
  • rétro : coup direct avec déviation de la première bille de plus de 90° ; 
  • contre : ou rencontre : coup marqué grâce à un choc de la deuxième bille sur la première ou la troisième avant le choc de celles-ci. 
Il est interdit de jouer la même figure deux fois de suite.
Le premier qui a réalisé chaque figure un nombre de fois prédéfini à l'avance (généralement de 2 à 5) a gagné. Une variante plus rapide et plus stratégique impose le nombre total de tentatives par figure. Une fois atteint, cette figure ne peut plus être tentée, une autre figure devra être choisie (et son nombre de tentatives possibles décrémenté). Le décompte des points est fait dans une case à part du tableau de score. La fin de partie est fixée par le premier qui a épuisé toutes ses tentatives.
Dans les deux variantes on pourra tolérer qu'une figure non réussie mais valant un point en partie libre autorise toutefois à rejouer.

Les quatre billes

Comme son nom l'indique, ce jeu se joue avec 4 billes (une rouge supplémentaire ou une bleue par exemple). Chaque joueur se voit attribuer un nombre de point à atteindre en fonction d'un calcul identique pour chaque joueur (par exemple le nombre de points joué à la libre multiplié par trois). Si le principe est identique à la libre, la façon de compter les points est différente. 
  • toucher une blanche et une rouge = 1 point (comme à la libre) 
  • toucher deux rouges = 2 points 
  • toucher les trois autres billes = 20 points 
  • chaque bande avant multiplie la valeur du point par deux (par exemple: toucher les 2 rouges après une bande avant = 4 points) 
Le joueur doit atteindre exactement le nombre de point attribué. Si au cours d'une série, il dépasse cet objectif, la série se termine et compte pour zéro. (Par exemple: il reste 15 points à faire et le joueur touche les 3 autres billes (20 points). Il ne marque aucun point et c'est au joueur suivant de jouer). Il faut donc compter attentivement ses points.

Les cinq quilles

Peu pratiqué en France, ce jeu est populaire dans d'autres pays, comme l'Italie. Il est d'ailleurs dit al italiano.
Comme toute variante du billard français, les joueurs ont un nombre de points à atteindre pour gagner la partie.
Cinq quilles de 25 mm de haut, une rouge et quatre blanches, sont placées sur la table à des endroits déterminés, l'ensemble formant une croix appelée château, et qu'il faut chercher à renverser.
Le joueur joue un seul coup puis passe la main à son adversaire.
Points de quille :
  • Quille centrale : 4 points ; 
  • Quille latérale : 2 points ; 
  • Quille centrale seule : 8 points.
Points de carambolage 
  • La bille de jeu sur la bille adverse puis sur la rouge : 4 points ; 
  • Carambole de type casin, même sans bandes : 3 points.
On ne joue JAMAIS sur la bille rouge, toujours sur celle de l'adversaire. Le nombre de points attribués par coup est l'addition des figures réalisées.
Une faute est sanctionnée par l'attribution à l'adversaire de 2 points de faute + les points de quilles et/ou bille rouge éventuellement réalisés sur ce coup. En plus de cette pénalité, l'adversaire bénéficie d'une "bille en main". Il DOIT placer sa bille librement dans la moitié du Billard opposée à celle du joueur fautif. Ou il peut demander et jouer le point de départ, à lui de décider. En France, une partie se joue en 3 sets gagnants de 50 pts (60 pour les Masters).

Le bouchon

Le bouchon est une variante anciennement populaire dans les bars, avant que les pools anglais plus petits et ludiques ne viennent remplacer les tables françaises. C'est un jeu d'argent qui se joue avec un bouchon (initialement un bouchon de bouteille de vin) et parfois 2 quilles supplémentaires : 
  • Variante à 1 seul bouchon : jeu classique à la libre, mais ce lui qui fait tomber le bouchon paie la mise prédéfinie en début de partie. 
  • Variante à 1 bouchon et 2 quilles : Chaque fois qu'un joueur fait tomber une des 2 quilles, il met la mise (quelques centimes) en pièces sur le bouchon (au centre de la table). Les 2 quilles sont placées proche du milieu de chaque petite bande.

Le bouchon belge

Variante du jeu populaire en Belgique où la table est équipée de champignons fixes recouverts de caoutchouc (appelés bumpers en anglais) disposés en croix au milieu de la table. La table possède en outre 2 trous encadrés par 2 bouchons proche du milieu de chaque bande. Le but est de rentrer toutes ses billes dans les trous.

Le billard artistique

Le billard artistique est pratiqué sur une table de 3,10 m par des joueurs ayant déjà une bonne connaissance du billard. Cette discipline consiste pour le joueur à réaliser une figure imposée en trois essais. La qualité d'exécution de cette figure est notée et les arbitres attribuent un nombre de points en fonction d'un coefficient prenant en compte le degré de difficulté (de 5 à 10 points).
Bien que cette discipline ait longtemps exigé l'utilisation de billes en ivoire en lieu et place de l'Aramith couramment en usage pour le billard français, c'est désormais la résine phénolique qui est de rigueur. Le choix de ces matériaux s'explique par leur propriétés qui permettent de limiter le frottement avec le tapis et donc d'imprimer aux billes des effets plus marqués. L'adoption de cette nouvelle matière a d'ailleurs permis l'extension du répertoire de figures, souvent spectaculaires, de 68 à 100 (réparties en 10 sets de 10 figures).
Lors des tournois de qualification aux championnats de France, les parties se déroulent sur 7 sets, réalisés dans l'ordre chronologique.
Le champion de France en titre est Jean Reverchon.
Quelques champions internationaux français : Jean Reverchon, Madou Touré, Kévin Tran, Maurice Coyret, Claude Pacetti, Olivier Lacroix, Fernando Ventura et bien d'autres encore...

Organisation des fédérations

UMB-Organisation structure 2014.svg
  • Fédération française de billard 
  • Fédération royale belge de billard 
  • Fédération Suisse de Billard 
  • Fédération royale néerlandaise de billard

Champions de billard

  • Jean Reverchon, France 
  • Torbjörn Blomdahl, Suède 
  • Frédéric Caudron, Belgique 
  • Francis Forton, Belgique 
  • Raymond Ceulemans, Belgique 
  • Jérémy Bury, France 
  • Roger Conti, France 
  • Roland Dufetelle, France 
  • Dick Jaspers, Pays-Bas 
  • Jean Marty, France 
  • Eddy Merckx, Belgique 
  • Daniel Sanchez, Espagne 
  • Semih Sayginer, Turquie 
  • Pierre Soumagne, France 
  • Xavier Gretillat, Suisse 
  • Richard Bitalis, France 
  • Yann Dridi, France 
  • Francis Connesson, France 
  • Mikaël Devogelaere, France 
  • Fabien Camberlin, France 
  • Laurent Guénet, France 
  • Marco Zanetti, Italie 
  • Filipos Kasidokostas, Grèce 
  • Fonsy Grethen, Luxembourg 
  • Jérôme Barbeillon, France 
  • Adrien Tachoire, France 
  • Alain Rémond, France 
  • Jean Galmiche, France

Bibliographie

  • Stéphane Nole, Manuel technique de billard français à trois bandes, avec la collaboration de Richard Bitalis. Préface de Jacques Deneufneu, chez l'auteur, 1998. 
  • Georges Vassalo, Le Billard Français, guide pratique et technique, matériel, qualités physiques et psychologiques, présentation du cadre de jeu, analyse des coups, technique du carambolage…, la partie libre, les parties de cadre, le trois bandes, le diamond system,, Éditions de Vecchi, Paris, 1998. 
  • André Heurtebise, 3 billes aux reflets tricolores, Fédération française de billard, Thionville, 1984. 
  • Albert Garnier, Nouveau traité de billard destiné aux amateurs, Édition B. Sirven, Toulouse, (vers 1910). 
  • Vicomte (Édouard) de Frayssinet, Commentaire sur le billard moderne, ouvrage accompagné d'une règle du jeu actuel et d'une galerie de portraits biographiques de professionnels et d'amateurs, Édition Hénin, Paris, 1903, 
  • Jules Arnous de Rivière, Traité populaire du jeu de billard, Éditions Marpon et Flammarion, Paris, 1891. 
  • Laurent Guénet, J'apprends le billard, 6 volumes (les bases, le rappel, le billard américain, le jeu de tiers I-II, le cadre), chez l'auteur, 1997-2010. 
  • Xavier Gretillat, L'apprentissage du billard français - Jeux de série, 711 pages, sur www.xaviergretillat.com.

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